mercredi, 09 juillet 2008

Bordeaux Hits : notre sélection livres, CD, DVD

LIVRE

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Parenthèse désenchantée

" Victoria avait parfois elle-même le vague sentiment, que nourrissait son goût pour la lecture de Thackeray et de George Eliot, qu’elle était entrée en scène avec un siècle et demi de retard." Secrétaire solitaire limite austère, Victoria, 46 ans, embrasse en secret une carrière d'écrivaine. La Madrilène, plaque tout, du moins le temps d'un été pour rejoindre la côte près d'Alicante. Là bas, elle croise des retraités anglais jouisseurs de la vie, tout en devenant la confidente d'une mère célibataire. Mais l'héroïne ne pense qu'à son premier roman, inspiré de ses auteurs fétiches. Le summum de cette escapade se résume à un flirt, tout au plus. Journaliste et critique littéraire, Lourdes Ventura traite ici un sujet basique, loin de révolutionner le genre. Les pages paraissent parfois interminables. Même le dénouement est d'une pâleur incomparable.
(CC)
"Hors saison" de Lourdes Ventura, collection Buchet Chastel, 19,95€

DVD

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Sing and love

Peu de réalisateurs se risquent à la comédie musicale. Encore moins à un répertoire aussi bien gardé que celui des Beatles. C'est pourtant à partir de 33 tubes des Fab Four que la cinéaste Julie Taymor a construit une histoire d'amour, celle de Jude et de Lucy. Le jeune Anglais d'origine modeste succombe à une Américaine. Psychédélique, et porté par des jeunes acteurs très doués (Jim Sturgess, vu dans Las Vegas 21 et Evan Rachel Wood, l'officielle de Marylin Manson en tête), la réalisatrice du biopic sur Frida assure une mise en scène brillante mêlant affiches qui parlent et hallucinations hautes en couleurs. Rien à redire, non plus sur les décors, délirants, et l'évocation historique des contestations des années 60. Dommage que certaines chansons des boys de Liverpool ont l’air gnangnan. Mais on s’amuse, enfin, de l’arrivée inopinée d’un Joe Cocker SDF entonnant "Come Together" dans le métro ou d'un Bono en leader hippy. Manque la magie d'un "Chicago" ou d’un "Moulin Rouge". N'est pas Baz Lhurmann qui veut. (CC)
"Across the universe", Julie Taymor, la Cosmopolite, Stock, 19,95€ (prix vert).

CD

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Kings of pop

"We started nothing". Ils ont le triomphe modeste les Ting Tings (en chinois, ting signifie écouter...). D'accord, le duo de Salford emmené par Kathie White et Jules de Martino n'a rien inventé mais leur première galette comprend plus d'un tube en puissance. Bien sûr il y a les titres festifs propices aux week-end comme "Great DJ", ou l'électro pop "Shut up and let me go". Et si l'envolée de "That's not my Name" peut rappeler Yelle, celle par qui le malheur Tecktonik est arrivé, les Anglais revendiquent plutôt Blondie comme influence principale. Outre-Manche le groupe, comparé à Gossip, a même détrôné Madonna. Bref, si les 10 morceaux de l'album ne se valent pas tous, les Ting Tings livrent en tout cas un cocktail survitaminé que beaucoup risque de consommer tout l'été. Sans modération.
(CC)
"We started nothing", Ting tings, Columbia records, 13,99€ (prix vert)

mardi, 06 mai 2008

Culture/Notre sélection avec Fnac.com

Coup de Messud
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"Les enfants de l’empereur" de Claire Messud, Gallimard, collection Du monde entier, 23,75€
«A l’air libre, quelque chose clochait. L’atmosphère. La fumée.» Le dernier cru de l’auteur américaine est un grand roman. D’abord par la taille, (600 pages), mais aussi car il s’immerge avec férocité dans le Manhattan mondain des années 2000. Divisé en courts chapitres, tout le récit gravite autour d’un seul homme : Murray Twaite, journaliste de l’intelligentsia new yorkaise amateur de cérémonies et conférences. Son entourage, une poignée de trentenaires est empli d’illusions. La belle Marina, sa fille, qui écrasée par la réputation familiale, met plus de dix ans à pondre un roman sur la mode enfantine, sa meilleure amie Danielle, tombée sous le charme d’un ambitieux Australien et Julius, pigiste gay devenu casanier depuis peu. Et puis il y a «Bootie», le cousin de province qui débarque un beau jour. Côtoyant l’empereur au quotidien, il découvre que la notoriété de ce dernier ne s’avère pas si fondée. Les masques tombent peu à peu... Messud par des descriptions fines et un style incisif dénonce avec brio une société ou tout n’est qu’apparence.
(CC)

Le Nouveau Western
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"L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", d’Andrew Dominik, 19,99€ (prix vert).
1881, dans l’Etat du Missouri. Le gang de Jesse James braque un train de nuit. Peu de temps après, des membres sont arrêtés et Jesse traqué, se méfie de tous. Surtout du jeune et étrange Robert Ford, à peine 20 ans, qui souhaite être son acolyte. Peu à peu, le clan se décime. Et Ford se voit confier la mission dont il rêvait... éliminer son héros. Il est de bon ton de louer les films qui frôlent les 2h30. Mais cet «Assassinat de Jesse James» n’a pas été surestimé à sa sortie. Prenez Brad Pitt en hors la loi imprévisible et Casey Affleck en parfaite incarnation de la couardise, ajoutez y des plans sublimes, saupoudrez le tout d’une bande originale signée Nick Cave et vous obtenez un western moderne, une fresque retournant les mythes et légendes et surtout retraçant les débuts de la médiatisation. Dominik filme au plus près la complexité du rapport entre les deux hommes, de la rencontre des deux hommes aux heures précédents la mort du braqueur. L’autre richesse de cette épopée est de montrer le désir de gloire et de reconnaissance mêlé au début du fanatisme extrême.
(CC)

New-York I love you
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"New-York trilogie, Tome 1 : La ville", de Will Eisner, Delcourt G Productions, collection Contrebande, 14,21€

L’émotion en un coup de crayon. Le génie Eisner est ressuscité à travers la réédition de sa trilogie New yorkaise réalisée au début des années 80. Ce premier tome s’attarde sur la ville qui l’a vu naître. Des perrons aux caniveaux, du métro aux lampadaires, des «blocs» aux quartiers riches en passant par le jeu du «Stoopball» (variante du base-ball) rien n’échappe au maître du genre. Car les objets sont les héros de ses historiettes en noir et blanc, souvent muettes, sous forme de polaroïd ou de quelques planches. Quelques scènes d’amourettes et d’amitiés rythment également avec habilité l’ouvrage. On sourit mais on s’interroge surtout à la vision d’une famille hispanique en proie aux flammes dans un appartement ou une femme est violée sous les yeux de ses lâches voisins. N’est-ce pas cela aussi la force du neuvième art ?
(CC)

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