mardi, 15 avril 2008

Impôts : retour à la hausse

La ville a décidé d’augmenter les impôts locaux de près de 2%. La majorité municipale l’explique notamment en raison de l’inflation. L’opposition juge la pression fiscale beaucoup trop forte

Les impôts locaux des Bordelais (Taxe d’habitation, taxe sur le foncier bâti, taxe sur le foncier non bâti) augmenteront de 1,98% en 2008. C’est ce qu’a voté hier le conseil municipal de Bordeaux (les élus socialistes, communistes et verts ont voté contre), après de vifs échanges entre majorité et opposition.
Un vote qui n’est pas surprenant dans la mesure où la mairie avait annoncé dès le 4 avril une augmentation des taux d’imposition de l’ordre de 2%. Mais un vote qui appelle des explications, puisque lors du débat d’orientations budgétaires de septembre 2007, la ville avait annoncé que les impôts locaux n’augmenteraient pas.
Les explications données par la majorité (Hugues Martin et Alain Juppé) et celles trouvées par l’opposition (successivement Patrick Papadato pour les Verts, Matthieu Rouveyre pour le PS et Vincent Maurin pour le PCF) n’ont pas abouti aux mêmes conclusions. Hugues Martin a expliqué que les bases d’imposition n’ayant pas progressé autant que prévu et que la prévision d’inflation étant plus importante qu’annoncée, la ville avait décidé d’augmenter les taux d’imposition.
Face à lui, Patrick Papadato a estimé qu’il s’agissait d’un «écran de fumée» et que selon lui, la municipalité «connaissait dès 2007 l’état de la situation». «Nous utilisons déjà le maximum de notre potentiel fiscal» a renchérit Matthieu Rouveyre, proposant notamment un abattement de 15% pour les personnes les plus défavorisées. «Vous voulez des abattements à 15%, lui a lancé Hugues Martin, nous sommes déjà à 20 !» Au-delà, la question était aussi de savoir quelle est la place de Bordeaux dans le «palmarès» des grandes villes où la pression fiscale est la plus forte. Là encore, majorité et opposition ont présenté des chiffres aux antipodes les uns des autres.
Sébastien Marraud